Golf ou énergies renouvelables : une question de priorité foncière

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Le déploiement des énergies renouvelables peut parfois rencontrer une forme d’opposition citoyenne. Mais si nous vous disions que les terrains de golf occupent bien plus de place que celle pour le renouvelable ?

Bien qu’indispensables, les énergies renouvelables sont souvent perçues comme de grandes consommatrices d’espace. Au-delà de leurs bénéfices, certains s’acharnent à se concentrer uniquement sur la surface nécessaire à leur implantation. Mais qu’en est-il d’autres usages du sol, comme celui dédié aux terrains de golf qui ne semble, pourtant, pas provoquer plus d’émois que ça ? Contrairement aux énergies renouvelables, qui profitent à l’ensemble de la société, ces infrastructures ne concernent qu’une très infime partie de la population.

C’est la question que s’est posée FZ Jülich, un centre de recherche interdisciplinaire allemand, qui a analysé la proportion de surfaces allouées aux parcours de golf dans les dix pays qui en comptent le plus. En s’appuyant sur les données d’OpenStreetMap, l’étude révèle que les États-Unis arrivent en tête avec 16 000 parcours de golf, suivis du Royaume-Uni et du Japon, qui en comptent chacun environ 3 000.

Premier constat : la surface occupée par ces parcours de golf dépasse celle dédiée à la production d’énergies renouvelables. En Allemagne, elle est supérieure de 25 % à celle des infrastructures photovoltaïques. Au Royaume-Uni, elle est six fois plus grande, et au Canada, jusqu’à seize fois plus.

Mais quelle aurait été la capacité installée si ces surfaces étaient consacrées aux énergies renouvelables ? En utilisant seulement 25 % de la superficie étudiée, on pourrait installer des capacités de 174 GW pour l’éolien et 281 GW pour le photovoltaïque. En portant cette proportion à 75 %, ces chiffres grimperaient respectivement à 659 GW et 842 GW, soit davantage que les capacités totales combinées des dix pays étudiés, qui s’élèvent actuellement à 646 GW.

L’objectif de cette étude n’est pas d’appeler à transformer tous les terrains de golf en centrales solaires ou en parcs éoliens, mais de souligner que, dans un contexte où l’utilisation des terres est déjà sous tension, l’espace occupé par ces infrastructures, réservées à une minorité privilégiée, pourrait être réorienté vers des usages plus essentiels et bénéfiques au bien commun.

Retrouvez l’étude dans son intégralité ici.