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2 millions de voitures électriques en Belgique ?

Selon une étude de la CREG, c’est possible dès aujourd’hui et sans risque pour notre sécurité d’approvisionnement. Avec un bilan CO2 positif, selon une étude de la VUB. L’asbl AMPERes compte motiver les politiques et les citoyens.

Après le récent cri d’alarme de 15.000 scientifiques sur l’état de la planète et alors que s’achève la COP 23 sur la nécessité de redoubler nos efforts pour lutter contre le changement climatique, l’asbl AMPERes attire l’attention des responsables politiques mais aussi de chaque citoyen sur les résultats de 2 études scientifiques belges récentes.

Ces études de la CREG et de la VUB prouvent que nous pouvons nous engager dès aujourd’hui dans l’électrification massive de notre parc automobile. La CREG démontre la possibilité de le faire sans mettre en danger notre sécurité d’approvisionnement en électricité et la VUB prouve que c’est l’un des leviers efficaces pour respecter nos engagements climatiques : les voitures électriques émettent, sur l’ensemble de leur cycle de vie, beaucoup moins de gaz à effet de serre que les véhicules thermiques (essence ou diesel).

« Il ne faut donc plus hésiter : privilégions sans tarder ce mode de déplacement », insiste AMPERes, Association pour la Mobilité Propre Electrique et RESponsable, qui fédère les utilisateurs quotidiens de véhicules 100 % électriques (citoyens ou petites entreprises).

2 millions de véhicules électriques tout de suite ?

La Belgique compte actuellement moins de 5000 véhicules électriques sur ses routes. Or ce nombre pourrait grimper à 2 millions, tout de suite, selon un rapport de la CREG (septembre 2017, pages à 19). Cela se traduirait par une hausse de la consommation d’électricité de 4%, sans risque pour notre sécurité d’approvisionnement, pour autant que ces véhicules se rechargent pendant les heures creuses, au moment où la consommation d’électricité est réduite. Or toutes les statistiques prouvent que c’est bien pendant la nuit que la très grande majorité des véhicules électriques se recharge, à domicile, notamment pour bénéficier du tarif réduit en heures creuses.

Selon la CREG, il ne faudrait même pas augmenter notre capacité de production d’électricité pour accueillir tous ces véhicules électriques. La CREG explique que, au contraire, cette consommation nocturne augmentera la rentabilité des outils de production (puisqu’ils produiront plus d’électricité) et que cela aura un impact positif sur les éventuels investissements dans de nouvelles centrales au gaz (en vue notamment de remplacer les centrales nucléaires).

Graphique de la consommation journalière d’électricité en Belgique (courbe bleue). La capacité de production du réseau permet de faire face aux pics de consommation (ligne horizontale rouge). Pendant la nuit, entre 21h et 7h, la consommation réduite permettrait d’utiliser la capacité de production excédentaire pour alimenter jusqu’à 2 millions de véhicules électriques. Source : CREG

Toujours selon la CREG, les voitures électriques pourraient même devenir une source d’approvisionnement puisque leurs batteries permettraient une augmentation des capacités de stockage : en théorie, 100.000 voitures électriques suffiraient pour quasiment doubler la capacité de stockage électrique existante en Belgique. Ceci permettrait de compenser la variabilité de la production d’électricité renouvelable par les éoliennes et les installations solaires dont la part dans notre mix énergétique ne fera que croître dans le futur.

La CREG estime que la Belgique atteindrait un seuil critique à partir de 5 millions de véhicules électriques, ce qui nécessiterait des recharges aussi en journée. Autant dire que nous pouvons nous y lancer sans craintes!

Un bilan CO2 positif

Voyons à présent l'impact environnemental. Alors que d’anciennes études faisaient état de résultats mitigés voir négatifs en ce qui concerne les émissions de CO2 pour l’ensemble du cycle de vie des véhicules électriques, une étude récente de la VUB pour le compte de l’ONG Transport & Environment remet les pendules à l’heure.

Sur base de données actuelles et réelles, les chercheurs de la VUB ont ainsi établi que sur l’ensemble de leur cycle de vie, et même lorsqu’ils sont alimentés par de l’électricité produite majoritairement par des centrales au charbon très polluantes (comme en Pologne, par exemple), les véhicules électriques émettent significativement moins de CO2 que les véhicules thermiques (-25 %).

Alimentées par le mix de production électrique de la Belgique (pas de centrale au charbon, large part de nucléaire et montée en puissance des renouvelables), les véhicules électriques émettent 65 % de CO2 en moins. Et en Suède, où les énergies renouvelables sont majoritaires, c’est même 85 % en moins. Si l’on tient compte du mix électrique moyen sur l’ensemble de l’Europe, c’est une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre que les véhicules électriques permettraient d’obtenir (voir graphique ci-dessous).

Les scientifiques ont également extrapolé leurs résultats pour prédire les émissions des véhicules électriques en 2030 et 2050 si l’Union européenne atteint les objectifs qu’elle s’est fixés en matière de décarbonation de la production d’électricité (croissance des renouvelables) : en 2030 la réduction des émissions des véhicules électriques en Europe serait de 66 % par rapport aux émissions des diesel et en 2050 de 80 % ! 

Appel aux politiques et aux citoyens

L’asbl AMPERes lance dès lors un appel aux instances politiques, aux organisations de la société civile et à tous les citoyens responsables : « Il faut sans tarder mettre tout en œuvre pour verdir notre mobilité : investir dans les transports en commun, privilégier les modes de déplacement alternatifs (co-voiturage, voitures partagées, …) mais aussi et certainement s’engager dans l’électrification massive du parc automobile. Comme démontré ici, c’est possible et efficace. »

Les membres de AMPERes témoignent régulièrement, à travers des conférences et séances d’information, sur leur expérience d’utilisateur de voitures électriques et lèvent quelques appréhensions : les prix d’achat sont aujourd’hui abordables et l’autonomie des batteries ne pose pas de problème pour se déplacer sur nos routes. N’hésitez pas à les contacter pour mieux connaître la mobilité électrique !

 

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Débats
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