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Au Japon, la volonté citoyenne porte ses fruits

Depuis Fukushima, le gouvernement japonais appelle régulièrement les citoyens à réduire leur consommation d'électricité. Avec succès.

En mars 2011, le Japon (130 millions d’habitants, 3ème puissance économique mondiale) perd soudainement, selon les régions, 25 % à 50 % de sa puissance électrique installée. La catastrophe de Fukushima allait bouleverser l’approche énergétique des Japonais. Dès l’été 2011, le gouvernement japonais, à grand renfort de publicité, enjoint les citoyens et les entreprises à réduire drastiquement leur consommation d’électricité.

Tous les gestes de la vie quotidienne et les appareils électriques sont ciblés : depuis les autocuiseurs, les lave-vaisselle et autres électroménagers jusqu’aux climatisations, ascenseurs et escalators en passant par les distributeurs de boisson qui ne sont plus éclairés et refroidis que par intermittence. Dans les entreprises, le code vestimentaire veston/cravate est remis en cause au profit de vêtements chauds et les rythmes de travail sont bousculés : on travaille parfois la nuit et le week-end pour moduler la consommation d’énergie.

Et depuis, cette campagne « setsuden » est devenue une tradition. Les publics concernés se sont progressivement habitués à se montrer plus vigilants sur leur consommation électrique (on fait attention à tout et on débranche systématiquement ce qui ne sert pas). Si la consommation électrique n’a plus atteint les réductions de près de -15 % mesurés en 2011, elle reste néanmoins proche des -10 %, bien que cet appel à la sobriété se soit peu à peu assoupli et repose moins désormais sur la contrainte que sur le bonne volonté.

Ici aussi le délestage se met en place, mais de manière volontaire et organisée. Et une enquête menée en 2013 auprès de 20 000 ménages et entreprises a conclu que les Japonais n’avaient globalement pas souffert de toutes ces restrictions. Tandis que les projets « smart energy » se multiplient au Japon au sein de la Japan Smart Community Alliance présidée par Toshiba : smart cities, smart houses, smart grid, …

Pour rappel, le Japon vit aujourd’hui depuis plus d’un an sans énergie nucléaire. Et il n’a eu à déplorer ni black-out, ni baisse de tension (lire également notre article Consommation électrique : Le réveil citoyen).

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Actualité Internationale
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