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PAIRI DAIZA construit le plus grand parking photovoltaïque au monde

Les 62.750 panneaux (20 MWc) permettront au jardin zoologique de couvrir plus que sa consommation électrique totale. Le potentiel solaire est très élevé sur les parkings et les friches industrielles en Belgique.

 

Le jardin zoologique PAIRI DAIZA, situé près de Cambron-Casteau en Wallonie, a décidé d’équiper son nouveau parking en photovoltaïque, ce qui en fera le plus grand carport solaire du monde.

Sur un total d’environ 7.000 emplacements de parking, plus de 80% seront couverts par l’installation.

Les 62.750 panneaux solaires couvriront une surface de 104.000 m2, pour une puissance totale de 20 MWc, ce qui en fera aussi la production photovoltaïque la plus puissante de Wallonie.

L’installation produira annuellement 20.000 MWh, soit largement plus que les besoins actuels en électricité de PAIRI DAIZA. Le surplus d’énergie verte produit pourra servir à alimenter les véhicules électriques des visiteurs et sera réinjecté sur le réseau public.

Conçue et développée par la société Perpetum Energy et co-financée par la compagnie d’assurance Integrale, le projet est en cours de construction pour une mise en service prévue au printemps 2020.

 

Des structures portantes en bois local durable

 

Le projet se distingue par des structures portantes entièrement réalisées en bois local certifié PEFC (photos ci-dessous).

 

La certification PEFC garantit une gestion durable des forêts : les quantités prélevées annuellement n’excèdent pas la capacité de croissance et de renouvellement de la forêt.

Outre l’aspect esthétique, l’utilisation du bois pour le carport photovoltaïque contribue à réduire l’impact CO2 du projet. En effet, le bois en tant que matériau est neutre en CO2 : la quantité de carbone libérée lors de sa décomposition correspond exactement à la quantité de carbone absorbée pour sa croissance.

L’impact CO2 du bois est limité ici à son extraction, sa transformation et son transport. Compte tenu de l’usage de bois locaux peu transformés, le bilan carbone sera très faible en comparaison à d’autres matériaux de construction (dont l’acier, le béton et l’aluminium). On peut ainsi dire que le remboursement de la dette carbone du projet sera inférieur à 3 ans.

Des experts européens proposent d’ailleurs de généraliser l’usage du bois dans la construction et la rénovation, pour remplacer les matériaux très émetteurs de CO2 (lire notre article Pour décarboner l’Europe, touchons du bois !).

Cette approche originale en bois a été facilitée par un contexte local. En Ardenne, les épicéas sont attaqués depuis plus d’un an par des scolytes, un insecte particulièrement ravageur. Les arbres sont donc abattus en grand nombre et se retrouvent sur le marché, à un prix avantageux.

Si bien que le projet s’avère aussi moins cher qu’une installation solaire au sol en matériaux classiques, a-t-on appris lors du Belgian Solar Day (lire notre article Les acteurs belges du photovoltaïque, prêts pour des objectifs plus ambitieux).

Le carport solaire de PAIRI DAIZA constitue donc un bel exemple à suivre, en Belgique, en Europe et partout dans le monde.

Les parkings solaires, couplés à des bornes de recharge pour véhicules électriques, sont promis à un bel avenir.

 

Les parkings et les friches, ce grand potentiel solaire

 

Les parkings – mais aussi les friches industrielles – représentent un grand potentiel de valorisation solaire, car ces sols sont déjà artificialisés (bétonnés) et n’entrent pas en concurrence avec d’autres usages possibles (agricole, commercial, industriel, …). Il n’y a donc pas d’arbitrage à faire ; on valorise simplement ces surfaces par une production d’électricité renouvelable.

L’Agence française de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) a récemment publié une étude qui souligne L’important potentiel des friches et parkings pour l’énergie photovoltaïque.

L’Agence estime ce potentiel en France à 53 GWc, réparti à 93 % sur les friches (49 GWc) et à 7 % sur les parkings (4 GWc).

Sur certaines friches, les éventuelles démolitions et dépollutions du sol ne constituent donc pas des contraintes insurmontables pour y développer des centrales photovoltaïques.

En Wallonie, Région très marquée par son passé industriel, un cadastre comptabilise 3.795 ha de sites à réaménager (carte ci-dessous).

La SPAQUE, entreprise spécialisée chargée de réhabiliter ces sites, y a développé plusieurs projets photovoltaïques, notamment sur d’anciennes décharges (Mellery, Hensies, Les Isnes) et sur les anciens sites industriels « SAFEA » à La Louvière (1 MWc) et des « Nouveaux ateliers mécaniques » à Morlanwelz (750 kWc). D’autres projets sont en cours.

Selon les estimations de l’APERe, le potentiel en Belgique est très élevé : au moins 2,5 GWc sur les friches industrielles et 200 MWc sur les parkings. Ce potentiel mériterait néanmoins d’être chiffré plus précisément.

« Ces surfaces peuvent être facilement valorisées par des projets photovoltaïques », estime Benjamin Wilkin, Secrétaire Générale de l’APERe. « Le modèle de PAIRI DAIZA mériterait d’être largement répliqué. Et il y a certainement moyen de faire plus que 10 parkings solaires de ce type en Belgique. »

 

Lire également nos articles :

Le plus grand parc solaire du Benelux (Kristal parc, 100 MW)

Les champs solaires poussent en Wallonie

Les acteurs belges du photovoltaïque, prêts pour des objectifs plus ambitieux

 

Catégorie: 
Actualité Belgique
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