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Les batteries de voitures électriques trouvent une deuxième vie et un recyclage quasi complet en Belgique

La nouvelle entreprise belge Watt4ever ré-utilise des batteries usagées de voitures électriques pour stocker des productions d'énergies renouvelables. Tandis qu’une nouvelle filière assure un recyclage quasi complet des matériaux.

 

Les batteries qui équipent les véhicules électriques perdent en performance au fur et à mesure de leur utilisation, en particulier lorsqu’on les recharge en vitesse rapide. Les constructeurs automobiles estiment que, lorsqu’elles atteignent 2/3 de leur capacité (en général au bout de 10 ans), les batteries doivent être remplacées car elles n’assurent plus une autonomie optimum pour le véhicule électrique (mais un automobiliste qui effectue de petits déplacements pourrait s’en contenter).

C’est ici qu’intervient le principe essentiel de l’économie circulaire car ces batteries peuvent encore servir, pour d’autres finalités, pour au moins 10 années supplémentaires.

En effet, ces batteries usagées (notamment au lithium-ion) peuvent être reconditionnées en capacité de stockage, afin de stocker des surplus de productions photovoltaïques ou éoliennes et contribuer ainsi à l’équilibrage du réseau.  

En Belgique, une première réalisation de ce type a été installée fin 2019 sur un site de Umicore près de Anvers, en vue de généraliser cette solution (lire notre article Des batteries usagées de véhicules électriques serviront à équilibrer le réseau électrique belge).

En juin 2020, une nouvelle entreprise belge s’est créée au cœur de ce modèle vertueux d’économie circulaire : Watt4ever.

Cette entreprise a noué des partenariats avec des acteurs-clefs du secteur en Belgique : Febelauto (gestion des véhicules hors d’usage), Out of Use (collecte des batteries auprès des réseaux de garages), ReVolta (stockage d’énergie pour les bâtiments et services d’optimisation et de gestion de batteries sur les marchés de l’énergie), Eco Lithium (construction d’accumulateurs et de cellules Li-ion à partir de batteries usagées) et Shence Management (bureau conseil en économie circulaire).

Equipée d’une technologie spécifique, Watt4ever a développé le savoir-faire nécessaire pour démanteler et tester les batteries usagées de voitures électriques et hybride, puis les reconditionner en unités de stockage, à moindre coût (illustrations ci-dessous).

 

Un partenariat a ainsi été développé avec le groupe Delhaize, qui compte de nombreux magasins dont les toitures sont équipées de panneaux photovoltaïques. Le groupe pourra ainsi stocker, de jour, les surplus de production solaire et consommer cette électricité la nuit pour alimenter les frigos et les équipements informatiques qui doivent fonctionner sans interruption.

Une solution rentable qui pourrait se généraliser dans les grandes surfaces, mais aussi au sein de nombreuses entreprises en Belgique.

 

Batterie stationnaire de 30 kWh, Delhaize St-Rochus, destinée à alimenter l’équipement informatique sans interruption.

 

Batterie stationnaire de 40kWh, utilisé pour les services de réseau, le stockage d’énergie photovoltaïque et la recharge de véhicules électriques.

 

“Environ 20% des packs de batteries reçoivent aujourd’hui une nouvelle destination, hors recyclage (80%). Notre ambition est d’accroître cette proportion, en les faisant revivre dans des systèmes de stockage d’énergie. Si cela n’est pas possible, nous dirigeons ces batteries vers le recyclage et réussissons néanmoins à récupérer ces matériaux onéreux”, indique ainsi Catherine Lenaerts, CEO de Watt4ever dans ce communiqué ( https://watt4ever.be/fr/news/watt4ever-une-nouvelle-solution-en-economie... ).

 

Un recyclage quasi complet

 

A la fin de leur deuxième vie, les batteries à nouveau usagées doivent être définitivement recyclées.

En Belgique, une filière de recyclage pour voitures électriques et hybrides a été mise en place en 2020 et s’avère parmi les plus performantes d’Europe avec des matériaux recyclés à 97,3%, comme le montre ce reportage de la RTBF – auvio :

 

 

Febelauto, organisme chargé de la gestion des véhicules hors d’usage, a élaboré des normes spécifiques pour les entreprises qui souhaitent être reconnues comme centre de traitement des batteries électriques, car cette opération complexe nécessite un équipement et une formation pour assurer la sécurité du processus. Elle a également conclu des partenariats avec 42 marques automobiles.

Une fois la batterie démantelée, environ 30% des modules sont réutilisés pour fabriquer de nouvelles batteries. Les 70% de modules non-réutilisables sont envoyés chez Umicore, qui, par des procédés d’hydro- et de pyrométallurgie, va extraire les matériaux pour les revendre comme composants de nouvelles batteries. Enfin, les quelques résidus qui ne se recyclent pas sont revendus comme combustibles.

Cette nouvelle filière de recyclage est désormais prête à absorber des dizaines de milliers de véhicules électriques.

Comme on peut le constater, les acteurs de la transition innovent et développent sans cesse des solutions pour soutenir une transition énergétique réellement durable, même si toutes les pistes ne sont pas encore connues pour réussir ce défi.

 

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