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Cogénération et copropriété, un duo gagnant ?

Voici peu, la coopérative Energiris inaugurait à Bruxelles sa première cogénération financée par des citoyens (photo ci-dessus). Un concept particulièrement prometteur dans le contexte des copropriétés.

Rien de tel que des éoliennes qui se dressent dans le ciel d’une commune ou de panneaux solaires qui fleurissent sur les toits pour illustrer la participation citoyenne en matière d’énergies renouvelables. Et la symbolique n’est pas pour rien dans le succès récent des coopératives citoyennes de production d’énergie.

En matière de cogénération, cela semblait bien moins évident. Une machine anonyme au fond d’un local technique, c’est beaucoup moins parlant. Même si elle produit de la chaleur et de l'électricité.

L’argument PEB commence à jouer

Sauf si l'on s’adresse directement à des copropriétaires d'immeubles en leur proposant d’améliorer, sans bourse délier, les performances de leur système de chauffage et de rendre du même coup leur certificat PEB (Performance Energétique du Bâtiment) plus vendeur aux yeux d’un futur acheteur ou locataire. Avec en prime, en tant qu’actionnaire de la coopérative, un « petit » dividende (6% maximum) qui fait toujours plaisir quand l'on compare avec le rendement d'un compte épargne.

C’est la piste sur laquelle se lance désormais easyCOGEN, filiale d’Energiris, coopérative bruxelloise d’investissement en énergie durable. Pari réussi : sa première cogénération citoyenne vient d'être inaugurée !

L’ACP devient auto-productrice

Le projet est né au sein de l’association de copropriétaires (ACP) Franz Guillaume à Evere. Celle-ci est en pleine réflexion sur la PEB de ses logements et en particulier les performances de sa chaufferie en fin de vie, quand Energiris, via sa filiale easyCogen, intervient. Pourquoi ne pas profiter de l’installation de nouvelles chaudières pour y adjoindre une cogénération ?

La coopérative se chargerait à la fois de son financement, de la conception de l’installation, de sa mise en oeuvre et de son suivi. L’ACP deviendrait ainsi auto-productrice, bénéficierait de l’électricité produite (qu’elle soit vendue ou autoconsommée) et de la production de chaleur. Seuls le gaz naturel et l’électricité nécessaires pour faire fonctionner l’ensemble demeurent à sa charge, ainsi qu’une redevance annuelle qui variera en fonction de la valeur du gain financier réalisé sur la facture d’énergie de l’ACP grâce à l’installation de cogénération (7 360 € provisionnels pour la première année).

De son côté, Energiris récupère durant dix ans les certificats verts et les éventuels subsides à l’investissement. De quoi récupérer le montant de l’investissement initial (un bon 100 000 €) ainsi qu’une marge rétrocédée aux coopérateurs sous forme de dividendes. L’ACP aura même droit à un bonus en cas d’augmentation ultérieure du coefficient multiplicateur appliqué par la Région bruxelloise pour ses certificats verts.

L’installation

Le système se compose de :

  • deux chaudières Viessmann d'une puissance de 175 kW thermique,
  • une unité de cogénération au gaz naturel d’une puissance de 20 kW électriques et de 42,4 kW thermique (y compris un échangeur à condensation de 3,5 kW thermique)
  • deux pompes à chaleur électriques air-eau pour la production d’eau chaude sanitaire (2 x 2,2 kW thermique).
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Actualité Belgique
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